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Le Pèlerin |
Un peu d'histoire:
Au milieu du 18ème siècle, vraisemblablement entre 1743 et 1771, l’Abbé de Bellelay fit construire un étang dans une zone marécageuse, au sud-ouest du couvent. Celui-ci servit de réservoir et l’eau ainsi stockée alimentait l’un des moulins de la communauté religieuse. Comme le vendredi sans viande était obligatoire à l’époque, je suppose que l’étang servait également à l’élevage de poisson et de carpes en particulier.
En 1792, les moines de Bellelay quittent les lieux…. Le 15 décembre 1797, l’armée française s’empare de Bellelay. Le couvent, l’église, les ateliers sont livrés aux pilleurs. Trois jours plus
tard, ce qu’il reste, les bâtiments, les terres, les étangs sont vendus aux enchères. L’étang de la Noz est attribué à la Légion d’honneur. Un industriel français (Jappy) acquiert les bâtiments
de l’ancienne Abbaye, des terres et des forêts. En 1812, l’étang passe en mains d’un alsacien, le baron de Reinach. Puis, il deviendra la propriété de la famille Amstutz (qui possède la ferme de
la Noz depuis lors également).
A la suite d’un long procès, l’Etat de Berne en devient propriétaire en 1919. Le 12 septembre 1972, le Conseil exécutif bernois arrête: « La région au sud de Bellelay, avec les tourbières,
l’étang de la Noz et la Rouge-eau, est placée sous la protection de l’Etat et portée sur la liste des réserves naturelles ». Quelques travaux sont réalisés pour éviter l’envahissement naturel.
En 1990, La LSPN (actuellement Pro Nature) constate que l’étang est quasiment comblé. Il faut agir. Ce sera fait, en 1995, à l’occasion de l’Année européenne de la conservation de la nature. Des
travaux d’envergure sont exécutés. L’eau retrouve sa place. Les sédiments ont été évacués. Une nouvelle digue est façonnée. Depuis, la Noz a appartenu à la Fondation Bellelay, cédée à cette
institution par le canton de Berne. Actuellement c’est la société du Domaine de Bellelay qui en est propriétaire.
Au niveau nature:
La Noz est toujours une réserve naturelle mais, hélas, la chasse est tolérée et fait de nombreuses victimes en automne…
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En 2009, la digue a été remodelée une nouvelle fois dans le cadre de la mise à jour de la Rouge-Eau. Les travaux pour cette dernière se sont poursuis en 2010 et 2011. Ils sont terminés… Par contre, la queue de l’étang s’est à nouveau comblée. Un entretien constant est le gage de la bonne conservation d’un tel biotope. En sera-t-il ainsi ? |
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Entre 1990 et 1994, alors que l’étang était en piteux état, j’ai fait de nombreux recensements ornithologiques. Durant ces années, j’ai dénombré 74 espèces. Parmi elles, 58% sont des oiseaux de passages. C’est dire l’importance du secteur dans le contexte de la migration.
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Entre 2008 et 2010, la Noz a reçu de nombreuses visites d’ornithologues. Durant ces trois années, ce sont 103 espèces qui ont été répertoriées, soit une augmentation de 39% par rapport aux années 1990-1994. L’étang remplit donc parfaitement son rôle de site de nidification pour certaines espèces liées à l’eau. Mais avant tout ,c’est un lieu de passage migratoire assez important entre la vallée du Doubs et le plateau suisse. |
Septembre et octobre sont les mois favorables à la découverte d’un grand voyageur. Il faut être patient, attendre une météo propice
Si vous y faites un tour, n’oubliez pas de noter vos observations (même si elles vous semblent banales) et confiez-les à Ornitho.ch, au Pèlerin ou à Brahier Jean-Luc
(lesnavelles70(at)sunrise.ch).
Pour s'y rendre:
Rendez-vous à Bellelay, dans le Jura bernois. Vous pouvez laisser votre voiture sur le parking de l'ancienne Fondation Bellelay (cercle bleu) et continuer à pieds ou en vélo le long du chemin en groise qui part à l'ouest (flèche bleue). Au bout du chemin, il y a une petite place de parc pour les plus paresseux. Au coin des épicéas, un sentier part en direction de l'étang. Vous arriverez à une petite plateforme d'observation (photo ci-dessous).
Merci de votre collaboration et bonne chance !
Brahier Jean-Luc
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